Par Nicole Pessin
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Conte d'Andersen
clic !DON DE NEIGE
Il neige :
Existe soudain un nouvel affleurement de lumière,
D'autres contours.
Le réel chancelle
Puisque les flocons travaillent à sa perte
Jusqu’à ce que leur houppelande devienne le mirage essentiel,
La douce déchirure des choses.
Le monde se renverse, le ciel est inversé.
Le paysage s'ouvre :
il suffit d'y marcher dans le sillage exact de notre coeur.
La neige en est le trouble et l'apaisement.
Il n'est plus buriné, racorni, il redevient gamin effronté.
La blancheur fait ainsi l'éternité.
Certes, elle reste provisoire, mais c'est de l'éternité tout de même.
Nous n'appartenons plus à l'ombre de nos fantômes intérieurs
Et
De leur linceul délavés.
Nous sommes les sentinelles radieuses de perles.
Il n'y a plus de terre, il n'y a plus de ciel.
Rien n'est découpé.
La nuit de nos corps retrouve sa lumière
Et
Nous en finissons de nos amours ratées.
L'espace lui-même est nudité :
Plus besoin de creuser les pierres pour nous parler.
Chacun ressent la présence de l'autre à travers le silence.
Tout peut être encore sauvé.
Ne reste que l'innocence, les masques tombent :
Par la brûlure du froid, le temps est dépassé.
Oui, nous n'avons plus rien à cacher.
La neige devient le mariage blanc qui n'exclut pas le désir
Mais qui rapproche les âmes plus que les corps.
Et à l'instant où la lune comme un oiseau est perchée sur un arbre dépouillé
La durée semble sans limite.
Il suffit de nous laisser glisser en ce manteau de plumes
Et
Au delà de nos noms nous sommes multipliés.
La neige crée cette intimité où l'amour se dilate.
Son évidence nous prend,
Nos mains lâchent leur ombre pour inventer des boules comme des ventres
Que nous mûrissons pour mieux les apaiser.
Nous flottons ainsi à l'abandon,
Nous nous laissons aller à l'aune de la vie et à celle du partage.
La neige est aussi le livre ouvert,
Immaculé mais bardé d'histoires anciennes
Qui soudain remontent à la tête pour ennivrer.
Sur les arrières fonds des ans et des collines
Tout nous ramène à une jeunesse oubliée.
Nous y retrouvons notre place en chevauchant
Comme de vieux traîneaux de bois les contes
Qui nous ramènent à nos histoires les plus secrètes.
On peut s' imaginer encore heureux.
On ne se l'imagine pas.
Nous ignorons les distances, nous traversons le temps.
Se perdre oui, se perdre encore dans l'espace blanc.
Voici la grande embardée qui égare en son sillage nos images et nos âges
Et
Nous permet les espoirs les plus improbables.
On oublie la chanson de Reggiani qui disait
"De quoi aurions-nous l'air, toi au printemps moi en hiver" .
Ce que nous éprouvons se moque des repères.
Nous passons au milieu des congères
En ignorant le vent qui veut dresser un mur si haut.
Blancheur que blancheur.
S'y lier, s'y défaire.
S'offrir ainsi à la tendresse qui parle au plus profond.
Qu'il neige encore,
Qu’il neige jusqu'à ce que les flocons défassent les images
Et
Nous laissent libres à l'épreuve du vent.
Jean-Paul Gavard-Perret
clic !LES PAROLES DE NEIGE
Il neige dans la crevasse des souvenirs.
Les mots deviennent des flocons
Non par leur inconsistance
Mais par le temps qui semble s'y arrêter
Pour que le silence rayonne.
Ils composent à leur gré l'éparpillement de la vie sur la ville
Ainsi capitonnée.
Il fait froid
Mais c'est la neige des mots qui te pénètre
Comme te caresse le soleil d'hiver
Qui s'effeuille parfois entre tes doigts.
Ils deviennent,
Amoncelés parfois,
Non des congères mais de beaux seins de glace
Et
Portent au coeur de la dérive des plus beaux contes d'enfants sages
Lorsqu’on éprouve le souffle de la bise à fleur de visage.
Il neige mes mots dans la crevasse de tes souvenirs.
Ils entrent en transparence parmi tes ombres appesanties.
Vois ainsi les mots jamais entendus, vois les mots jamais connus.
Telle est ainsi la force des mots de neige
Alors que
Dont la fourrure dissipe tes angoisses
Te rappelle le moment où tu croyais au Père Noël
Te souviens-tu de tes poupées de rêves dans leur berceau de satin ?
Ce sont elles qui font remonter mes mots de neige
Comme s'ils voulaient retenir en toi
Garde là en toi
Et
Demain je ferai pour elle un bonhomme de neige
Afin que tu ne craignes plus la peur.
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Clic !
(Inventeur et lithographe tchèque, Prague, 1771, Munich, 1834).
par l'impression des dessins tracés
avec un corps gras sur
une pierre calcaire.
(Du grec lithos "pierre" et graphein "écrire")
La chromolithographie ou chromo,
est l'impression d'images
en couleurs superposées par des procédés lithographiques.
Inventé à la fin des années 1840,
ce procédé permet des tirages par centaines.
(du grec krôma "couleur", lithos "pierre" et graphein "écrire",)
Les chromos sont aujourd'hui
très recherchés par les collectionneurs.
Petits cancans...